Donativo… kezako ?

Voici le 1er article de notre petit vocabulaire de l’hospitalité !

« Donativo » est un mot qui nous vient de l’espagnol et se traduit par « don ». Ce mot recèle une tradition ancestrale courante au Moyen-Âge. Le donativo a en effet été pratiqué pendant des siècles sur les chemins de pèlerinage, en particulier vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Le voyageur ou le pèlerin de passage frappait à une porte, on lui ouvrait, lui servait de quoi se restaurer, et l’hébergeait. En échange de cette hospitalité, l’invité pouvait laisser une offrande à ses hôtes, mais cette « libre participation » n’était pas obligatoire. Il était rarement question d’argent, plus souvent de services, de petits travaux… C’était une époque où la marchandisation n’avait pas autant de place dans les relations humaines qu’aujourd’hui…

Inspirée par les valeurs chrétiennes, cette pratique de l’accueil libre de l’étranger s’est particulièrement développée dans les hospitalités religieuses, les couvents, monastères… Notamment chez les bénédictins pour lesquels l’hospitalité est un devoir sacré ancré dans leurs principes.

Aujourd’hui encore, sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, parmi les différents gîtes et lieux d’hébergement qui sont disponibles en France et en Espagne, certains ont fait le choix de maintenir la tradition ancestrale du donativo.

Pour un chrétien, accueillir un « frère pèlerin » se doit d’être vécu comme une joie, un honneur, une chance mais aussi un devoir. Parce qu’à travers l’autre, c’est le Christ lui-même que l’on accueille.

Une pratique qui remonte à l’Antiquité

Dès l’Antiquité, l’hospitalité envers l’étranger était un devoir fondamental et sacré. Obligation était faite de lui ouvrir sa porte, de lui offrir gîte et couvert. Ce devoir était, pour Platon, « le plus sacré de tous » (Les Lois) ; pour Aristote, l’hospitalité est la vertu de l’homme sage, qui manifeste sa « grandeur d’âme » (L’Ethique à Nicomaque).

Cette vertu  était placée sous la protection des dieux, notamment Zeus, chez les Grecs, et Jupiter (surnommée « Jupiter l’hospitalier ») chez les Romains. Elle impliquait par ailleurs une relation réciproque. Le Dictionnaire de l’Académie définit en effet ce concept, pour la période de l’Antiquité, comme un « lien de réciprocité entre deux personnes, deux familles, deux villes en vertu duquel on se devait de rendre à son hôte l’hébergement qu’il vous  avait accordé ».

Très ancrée dans les cultures moyen-orientales

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Beaucoup des sociétés africaines et moyen-orientales ne sont pas sédentarisées et sont basées sur le voyage : les bédouins, les marchands itinérants… Aussi l’hospitalité dans des contrées souvent arides voire hostiles, était devenu naturelle. Le voyage, l’accueil, ont d’ailleurs fait l’objet de nombreux contes orientaux.

L’hospitalité est restée ancrée dans les coutumes, ainsi encore aujourd’hui, certains aliments ou des objets sont rituellement offerts au Moyen-Orient en signe de bienvenue à l’hôte de passage (comme le thé à la menthe en Afrique du Nord).

Retrouvez ici les différents mots de notre petit vocabulaire de l’hospitalité !